Ce court métrage documentaire retrace le parcours de Marie Josefsen, Inuk de 82 ans, sans doute la dernière praticienne de la couture d’herbe au Groenland du Sud. Cet art, transmis au sein de sa famille sur plusieurs générations, reposait sur une maîtrise minutieuse de l’herbe de châtaigne : les femmes tressaient paniers, dessous de verre et objets utilitaires, tandis que les hommes allaient récolter la matière première en kayak sur les îles de chasse.
Devenue l’une des ultimes dépositaires de cet artisanat, Marie s’interroge : que restera‑t‑il de cet héritage lorsque sa voix se taira ? Le film explore cette question sans nostalgie forcée, en observant comment une pratique manuelle, apparemment modeste, condense un rapport au territoire, aux gestes, à la mémoire et aux liens communautaires.
À travers son récit, c’est une histoire plus large qui affleure : celle d’un peuple qui, après des siècles de domination étrangère, revendique la capacité de dire et transmettre son propre monde. Comme le rappelle la réalisatrice :
« Nous vivons enfin une époque où il nous revient de raconter notre histoire. Participer à ce travail de transmission et préserver notre patrimoine culturel autochtone est un privilège. »
Le film propose une rencontre avec une femme, un savoir et une culture à un moment charnière, où la disparition possible d’un geste ancestral devient un enjeu collectif.
Arina Kleist, née en 1986, est Inuk autochtone et vit à Qaqortoq, au sud du Groenland. Elle travaille comme pigiste dans le domaine des médias et accompagne les entreprises dans la réalisation de leurs reportages vidéo. Sa vocation personnelle est de raconter les histoires méconnues et l’histoire authentique des groenlandais. Elle a acquis sa première caméra en 2020. Ivikkisartoq Kingulleq (La dernière couturière d’herbe) est son premier court métrage documentaire officiel.