Et les poissons volent au-dessus de nos têtes | And the Fish Fly above Our Heads | Wal Asmak Tatir Fawka Rou'ousina

Un film de / a film by : Dima Adib El-Horr (Liban)

Sélection officielle 2026 : Compétition internationale
Prix des étudiant.es.
Commentaire du jury :

Nous avons choisi de remettre le prix du jury du Jury étudiant au film Et les poissons volent au dessus de nos têtes, de Dima Adib El-Horr.
C’est un film libanais dans lequel la cinéaste filme trois hommes qui, comme elle le dit, “sont de ceux que la mer sauve”. Ils marchent chaque jour plusieurs kilomètres pour venir se baigner dans la Méditerrannée, sur la corniche de Beyrouth. La cinéaste a rencontré Réda il y a vingt ans, et le retrouve dans ce nouveau film.
C’est un documentaire qui montre comment la ville, la mer et leurs histoires sont imprimés dans des corps. Nous avons aimé cet exercice difficile de filmer au bord de l’eau des corps abimés, peut-être pas souvent regardés, le tout pudiquement. Nous avons été touché par l’univers poétique du film, notamment la narration très personnelle de la cinéaste, qui fait le lien entre ces trois monographies – tout en restant ancrée au bord de l’eau, sans suivre les trois hommes chez eux (un parti-pris qui nous a plu).
On a aussi aimé le fait que le film montre une trajectoire de cinéaste, d’un premier film il y a vingt ans à un deuxième aujourd’hui. La mer, forme de “miroir” d’après la cinéaste, est aussi celui de son travail, dans la durée.
C’est enfin un film actuel, qui rappelle que la guerre est omniprésente dans l’histoire de la ville, des corps, et des lieux – une chose qui se retrouve aussi dans le travail formel de la cinéaste sur les images et les sons. C’est aussi cela qui nous a marqué, une proposition formelle singulière.

« Il y a vingt ans, je suis venu sur une plage publique à Beyrouth pour filmer, une femme observant un monde d’hommes. Parmi eux se trouvait Réda, son corps brillant au soleil. J’ai commencé à le filmer, lui et d’autres. Deux décennies plus tard, je retourne au même endroit. À ma grande surprise, Réda est toujours là, comme si le temps lui-même n’avait pas bougé, seulement son visage marqué par des rides, son corps par l’âge. Je commence à le filmer à nouveau, ainsi que ses deux amis, Qassem et Adel. Au bord de la mer, je filme trois hommes à la dérive, trois corps vieillissants et fatigués, témoins muets d’un pays qui s’effondre sous le poids des guerres, du désespoir social et de la crise économique. Sans attendre de miracle, ils attendent au bord de la mer avec le même fatalisme tranquille qui façonne leur vie. Leur attente devient mienne, dans un espace suspendu entre sommeil et éveil, entre rêves et réalité, entre passé et présent. » Dima Adib El-Horr

« Twenty years ago, I came to a public beach in Beirut to film, a woman observing a world of men. Among them was Réda, his body gleaming in the sun. I started filming him and others. Two decades later, I return to the same spot. To my astonishment, Réda is still there, as if time itself had not moved, only his face marked by wrinkles, his body by age. I begin filming him again, and his two friends, Qassem and Adel. By the sea, I film three men adrift, three aging and fatigued bodies, silent witnesses to a country collapsing under the weight of wars, social despair, and economic crisis.Expecting no miracle, they wait by the sea with the same quiet fatalism that shapes their lives. Their waiting becomes mine, in a space suspended between sleep and wakefulness, between dreams and reality, between past and present. » Dima Adib El-Horr 

Basée entre Beyrouth et Paris, Dima El-Horr est une cinéaste dont le travail explore la manière dont les histoires de guerre s’inscrivent sur les corps et façonnent la mémoire collective. Ses films, maintes fois primés (Carthage, Ann Arbor, Beyrouth, Tanger, Corse…) ont été projetés dans de nombreux grands festivals internationaux. Elle est titulaire d’un doctorat en études cinématographiques de l’Université Paris-Est et d’une maîtrise en beaux-arts du cinéma de l’École de l’Institut d’art de Chicago. Elle est l’auteur de Mélancolie libanaise, le cinéma après la guerre civile, l’Harmattan, 2016.

Fiche technique

Un film de / a film by : Dima Adib El-Horr (Liban)

Auteure : Dima Adib El-Horr

Image : Dima Adib El-Horr

Son : Dima Adib El-Horr

Montage : Sandra Fatté

Musique : Pierre Aviat

Production : Sabine Sidawi de Orjouane Production, Paul Rognoni de Marreteraniu

Co-Production : The Red Sea Fund

Distribution : Orjouane Production (sabinesidawi@gmail.com)