Françoise Foucault, notre fidèle membre d’honneur et amie, nous a quittés à l’âge de 85 ans.
Depuis qu’elle a franchi, en 1969, la porte du bureau-caverne de Jean Rouch au musée de l’Homme, Françoise a été de toutes les aventures menées aux côtés du maître des lieux, jusqu’à un certain jour de février 2004, quand celui-ci tira une dernière fois sa révérence au Niger. Trente-cinq ans de complicité, de chamailleries, de palabres interminables, de voyages à travers le monde, de tournages, de projets… Comme ce jour de 1981, où Jean Rouch lui a déclaré que, pour l’année suivante, ils vont organiser, à la suite du festival du Réel, un Bilan du film ethnographique. Les réticences de Françoise n’ont pas pu résister à la persuasion légendaire de Rouch et, ainsi, elle est devenue la cheville ouvrière du Bilan. Même si, pendant la première année, elle a continué de douter de la pérennité de la manifestation, même si Jean Rouch n’a plus été là pour la 23e édition, même si le Bilan est devenu en 2008 le Festival international Jean Rouch, c’est avec passion et sans relâche que Françoise a œuvré pendant plus de quarante ans. Le Comité et le festival ont été l’alpha et l’oméga de sa vie.
Au fil du temps, sous le regard et à l’ombre de Jean Rouch, Françoise est devenue une figure incontournable du Comité et la mémoire d’une histoire unique du cinéma ethnographique. S’il n’est pas faux de dire que son caractère éruptif et provocateur a été redouté par certains, il est essentiel de rappeler que beaucoup à travers le monde, qu’ils soient cinéastes, anthropologues ou programmateur·trices, l’ont fort appréciée et respectée pour ses avis, ses conseils et sa très longue expérience.
Aujourd’hui, même si la disparition de Françoise nous prive pour toujours de sa présence à nos côtés, son nom, sa personnalité et son enthousiasme restent et resteront à jamais liés aux aventures présentes et futures du Comité du film ethnographique et de son festival.
Que la terre lui soit légère !
Le Comité du film ethnographique